mardi 21 juillet 2015

Rencontre avec Mr B

Balade avec Monsieur B.
Rencontre le mardi 19 août 2014, place du Marché (également place de l’Hôtel de ville) , 14h.
Monsieur B a eu comme premiers mots … quelque chose comme « tu souhaitais voir encore mieux  à quel point Verviers me désespérait » … sous entendant la première rencontre durant laquelle il s’excusait de voir les choses de façon négative, « mais quand même »…
Donc tu vois, on a des maisons ici qui sont abandonnées, quoi, ou qui ont été mal foutues finalement. Comme on dit ici. Ça c’est une maison qui a été faite en deux parties, avec des anciennes fenêtres et des fenêtres plus modernes. Et puis il y a les rez-de –chaussée. Regarde, cela ne correspond plus à l’architecture, et c’est partout comme ça, c’est partout comme ça.

Derrière, il y a une petite salle. On va pouvoir la visiter aux journées du patrimoine, dans quinze jours, je crois. C’est une superbe salle avec des superbes peintures et sculptures au plafond, c’était une salle  du syndicat du textile, ça s’appelait le Peigné, qui était une façon de travailler la laine.
Il y avait une sorte de petit théâtre. Sur « Fier d’être verviétois », j’ai vu qu’il y avait une photo ancienne, il y avait un petit film avec une photo ancienne ou on voit cette maison qui paraît beaucoup plus belle !
Déjà mettre une vitrine moderne, sur un bâtiment qui date des années vingt, je trouve que c’est un peu dommage. Et c’est ça, à Verviers, c’est qu’ il y a des demandes pour modifier le rez-de-chaussée, mais on ne remet même pas à neuf le dessus, on ne met même pas un coup de peinture. C’est partout, vous pouvez regarder … la rue Crapaurue, tous les étages sont abandonnés, si vous vous c’est ettez là, il manque la moitié des tuiles, donc il y aura des entrées d’eau, il y aura la mérule, la mérule va détruire les planchers, les planchers vont s’effondrer, les murs vont … et alors il faut détruire la maison. C’est comme ça qu’on travaille, ici.
Et je trouve dommage, regarde, ici , on a refait la place (du Marché), je trouve que pour une fois, c’est bien (rires) je me suis plaint jusque maintenant, mais je sais aussi le dire quand c’est …
Je trouve dommage, ce sont les propriétaires qui ne font pas la démarche. Je suppose que par exemple, le gens ne se renseignent même pas. Ça aussi c’est dommage. Le perron, les voitures se garaient, puis cassaient les marches. Ils auraient pu retailler un peu de façon à … refaire les marches.  C’est dans le même esprit.
Là on a un beau coin qui est bien entretenu. C’est là où il y a le restaurant « Du goût et des couleurs ». c’est la même chose, on avait de belles maisons là, on a tout détruit. Et ça (bibliothèque communale) c’est plus récent… il y avait des maisons qui datent du 19 ème, parfois un peu plus vieilles.
Ça, c’était un magasin de fourrure, de tissus. (au-dessus du café « la Mairie »)
Nous rencontrons une personne que M. B. connait. Il lui parle de l’actualité : « « Tu sais ce qu’ils vont faire, les russes ? ils vont se mettre avec la Chine… ils n’achèteront plus rien ici, puisqu’ils veulent faire les malins… ils ne nous achètent plus nos pommes – ah, c’est normal, puisqu’ils veulent faire le blocus. Et on n’a jamais fait blocus comme on fait maintenant… du temps de la guerre froide, soi-disant. Le commerce tournait toujours. De toute façon les russes, ils ont 5 ans de réserve de monnaie… » Monsieur B a tenté plusieurs fois de couper la parole à cet homme. Finalement, il s’est remis en marche : « allez, nous, on continue… »
Nous continuons.  Ça c’est années 20, ca c’est plutôt 30. Il y avait chaque fois des maisons de ce style.

Et maintenant avec le nouveau centre, là , moi j’appelle ça un bunker mais … (rires)
Monsieur B. rencontre une autre personne.
Là c’était porte de Heusy, c’était une porte pour entrer à Verviers. En fait là, rue de Mangombroux, Chaussée de Heusy ça n’existait pas. C’était la campagne. Au début du 19 ème, c’était la Campagne. La rue de Heusy, c’est l’une des plus anciennes rues de Verviers, ici, la rue de Heusy.
Il y a une façade de la maison à côté de l’antiquaire qui a été gardée. Mais c’est l’une des rares.
Pour faire le nouveau truc là  (immeuble aux portes de Heusy) , ils ont démonté de belles maisons. Elles n’étaient pas très hautes.

La mairie … le magasin est resté jusque dans les années 70 , je crois. Donc à partir d’ici la ville s’est développée dans ce sens-là, et les usines, surtout le long de l’eau.
Hodimont, même avec ses vieilles maisons, ce n’était pas Verviers. C’était un autre duché , c’est comme si tu allais dans un autre pays quand tu traversais la rivière. Donc ça n’a pas changé, avec vous autres, maintenant. Rires. Il y avait des taxes, finalement , quand on changeait de côté.

Donc Verviers , c’était simplement Sommeleville et ici où il y a Crapaurue.
Maison Moulan a été conservée, peut être en coup de chance. Il y avait des maisons jusque là, on a démoli des maisons, « démolir, démolir, démolir, hein ! » rires

De même là, où il y a le bâtiment blanc, c’était une maison d’un très riche vervietois en 16 cents et des. Et il y avait comme une petite tourelle. On a démoli dans les années trente. À cette époque là ,il n’y avait pas non plus de scrupules de démolir pour faire plus laid.


Le canal il passe en dessous de la poste, ça servait à nettoyer les laines, les gens avaient des passerelles en bois et ils lavaient la laine dedans. Ils revendaient la laine à de grandes entreprises qui la filaient, la tissaient etc. mais ce canal était devenu un égout à ciel ouvert, parce que rien que les laines contiennent de la graisse et tout ça s’accumulait etça sentait très fort, en 1906 , ça a été bouché. Parce que les usines se sont agrandies et lavaient elles-memes.
Je suis né rue des Fabriques et je suis resté jusqu’à l’âge de cinq ans. Puis mes parents ont acheté une maison à Andrimont.
On voit toujours les colombages des anciennes maisons.
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La maison  a brûlé ici,…
Comme dans toutes les villes, il y a le même genre de magasins qui ouvrent, comme les pakistanais etc. c’est pas seulement Verviers. Mais comme j’ai toujours dit, on a beaucoup construit pour construire des buildings.
C’étaient des maisons « normales » si on peut dire. Il y avait toute une série de petites cours, comme là, ici, … ruelle Maréchal ; la rue qui descend vers le gb, c’étaient beaucoup de petites cours habitées par les ouvriers. Dans une chambre, qui nous sert de salon, ils y vivaient à huit. Ce qu’on ne saurait plus faire.
Il y avait une sorte de couvent là, des religieuses…
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Les cours allaient sur des jardins, derrière, etc. là c’est un grand jardin, qui est abandonné.
C’était une époque où on essayait de faire beau, parfois, ce qui n’est plus tellement le cas. Ca, c’est fin 19 ème, rue Laoureux. Qui a été construite fin 19ème, inaugurée début 20 ème. Là, on a beaucoup démoli. C’est quelque chose qui plait bien, ici  à mon avis. Regarde , on refait le dessous, puis y a une bande là, je trouve que ce n’est pas normal. C’est abandonné, là prèsque partout, regarde.
Regarde  , c’est ca qui manque : une surveillance de ces trucs là, il y a quand même moyen de fermer la fenêtre, et là…
J’ai travaillé comme décorateur là, on faisait des vitrines, ça prenait des semanes, par exemple, pour la Sant Nicolas et les fêtes de fin dannée, on commençait en août comme maintenant. On ne fait plus maintenant.
On voit bien que ca commence à se démantibuler. On voit bien que la partie au-dessus des fenêtres penche. Regarde, ce sont des belles maisons, mais celle-là , c’est une des rares qui a été refaite.
C’est chaque fois la même chose, un commerce moderne mais rien n’ a été fait au-dessus.
On s’arrete souvent avec moi, dans Verviers.
Jai travaillé plusieurs années là, mon père aussi. Il vendait des jouets. Où on  voit les barrières, ça c’est un magasin qui a été refait. il a brûlé en 1938 Il a été construit en un an. Et tout était vraiment effondré, la facade.
Ils l’ont refait plus moderne. En fait, c’était une facade de 1912. Elle était très belle. L’ancienne facade. Avant ça , il y avait encore une autre qui était tout en fer et en vitres. C’était un magasin comme le musée instrumental près de la gare centrale, qui sert maintnant de musée d’instruments de musique.
Le tout premier Brand Bazar, c’était tout petit. Et ils ont raccordé cela en « L ». on rentre ?
C’étaient des ascenceurs, ici, il y avait des vitrines, un îlot central, les décorations se faisaaient dans le batiment des galeries des deux places. Tout au dessus , c’était le local des décorations.
Il y avait ici un ascenseur, et une dame dedans qui vous accueillait. Tu lui disais quel étage et c’était elle qui appuyait. C’était son job. On ne peut plus monter. C’est condamné. Je pense que la ville l’a racheté.
Je crois qu’ils déménagent aussi. C’était vraiment un très grand magasin, pour Verviers , on savait qu’on pouvait trouver de tout, ils vendaient aussi bien des boutons, des assiettes, des jouets, des frigos, des tv , … tout. Il y avait tout. En fait on pouvait faire toutes ses courses ici. Alors, le canal dont je t’ai parlé, il passait ici. En dessous des maisons, puis où il y a la boule rouge. Puis là où il y a toutes les maisons puis près de la Vesdre où il  y a l’église st Antoine.  Et il se jetait dans la Vesdre. Et puis là, il y avait un moulin.
Alors, je l’ai fait remarquer aussi, l’eau coulait dans l’autre sens. C’est une erreur. (La fontaine actuelle censée représenter le canal disparu coule dans le « mauvais » sens)
Au centre, vous veniez dans les cafés ?
Quand j’étais plus jeune, je fréquentais des cafés qui n’existent plus , maintenant. Tu vois au manège. Il y avait le théâtre, et puis le manège. En dessous, il y avait un café qui s’appelait la « Jument balance » , c’est une sorte de jeu de mots. Ca n’ouvrait que le we et il y avait des groupes de jazz, rock, etc.
Il y avait aussi le café là où il y a la librairie les augustins. Disons que tous les gens comme moi qui fréquentaient les cinémas, le vendredi soir, … se retrouvaient dans ce café, ça s’appelait « le pub »,…
Le nom « les augustins » c’est parce qu’ils ont retrouvé des dessous de verres où était noté « les augustins » et j’ai retrouvé sur des vieilles photos où on voit cet écrito. C’était une marque de bière n fait. J’ai travaillé aussi ici, c’était l’INNOVATION , qui est venu beaucoup plus tard. Années 30 AVANT ça, c’était tout des petites maisons.

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Ici il y avait l’hôtel, « les Pays Bas »  qui a été racheté par une firme qui s’appelait la Vierge noire, qui faisait du café et donc c’était une usine de café. Ils le vendaient, et puis ça s’est étendu aussi comme au Bazar.
La vierge noire a été rachetée par le Grand Bazar et c’est pour ça que j’ai travaillé dans ce bâtiment. C’est grand, ça ressort de l’autre côté. Avant cela, c’étaient des petites maisons comme ça. Même chose de l’autre côté.
Ici c’était une ruelle, puis les Jésuites sont venus s’installer, les verviétois n’étaient pas pour. Il y a eu pas mal de manifestations anti-Jésuites, puis ils ont créé l’école Sfx puis c’est devenu une rue, c’était simplement un chemin. Une ruelle, même, ça s’appelait ruelle Manguet.
Verviers a toujours été un peu socialiste, si on peut dire. Donc c’est ici qu’il y a eu la première internationale, on peut dire socialiste, c’est ici  à Verviers dans les années 1860 , donc c’est à peu près le moment… des tensions … malheureusement … les religions ont toujours posé des problèmes hein. (sourire)
C’est un peu dommage , parce que les religions ne devraient pas poser des problèmes comme ça. Mais bon. Maintenant on se rend compte que c’est un peu la relgion musulmane qui , enfin oui et non, je me doute bien que ce ne sont pas les musulmans, mais il y a eu une période où c’étaient les catholiques qui étaient extrémistes. C’est ça qui est dommage, je trouve avec les religions , c’est qu’au départ, ce sont des religions de paix, mais … et ce que les gens en font.
Je ne sais pas si je t’embête en parlant de ça mais , je trouve que c’est dommage d’aller tuer un gars qui n’a rien fait  comme cette semaine.
- Non, bien sûr.
Parce qu’en plus ce gars, ce n’est même pas un militaire, c’est un journaliste donc un gars qui n’a rien a voir avec la guerre. En plus, on ne devrait meme pas en parler.

Là c’est ou il y a la Bourse(café), c’était la sortie d’un cinéma. Le cinéma, où il y a le grand building, qui était un superbe cinéma : Le Coliséum. Je suis entrain d’écrire un livre dessus. Naturellement, il n’est plus là.  Le forum à liège est classsé pour ses sculptures, ses peintures, son architecture. Et en fait c’était le même architecte qui a fait celui-ci, et celui-ci était beaucoup plus beau. Plus grand. On va aller de l’autre côté, on verra mieux.
Ils ont fermé le Manathan café.
Regarde la largeur du cinéma, c’était la même chose derrière. La même longueur.  Il y avait 1800 places dans ce cinéma. Et alors la sortie, c’était d’où on sortait du Manu meuble.
Ce cinéma a vu toutes les grandes vedettes passer. Brel, Brassens, Mariano, Marlène Ditrich pour les soldats américains, à la fin de la guerre, le cinéma était réquisitionné par les américains, ils faisaient venir des orchestres, des chanteurs, et les verviétois n’étaient pas spécialement invités. Ils fallait venir habillé en militaire pour être sûr. Ici, il y avait une grande entrée, à peu près au milieu, il y avait des guichets, et il y avait des barres en cuivre, pour canaliser les gens, pour aller vers le guichet.
Encore une fois, on ne peut que constater qu’on a fait plus laid. Il a fermé dans les années 70 c’était un cinéma qui faisait des prix pour les enfants, à cette époque. Tu payais ton entrée, tu avais deux films, il y avait le principal puis le complément. Moi je me souviens il y avait encore le cinéma le Parc , et il y avait une file jusqu’ ici. Il y a eu un film Tintin fin des années soixante.

Ici tout est modifié, il y avait une petite rue qui passait devant le bâtiment , il y avait une porte magnifique.
Ça, c’était un octroi. C’était le payage. Avant pour rentrer des denrées alimentaires, on payait des droits. On payait des taxes , si on entrait par exemple, des pommes de terres, … c’est de la même époque que la porte de Heusy.
Ça va redevenir un centre de renseignements , mais déjà, le fait qu’il y a des branches sur le toit , ça va abîmer le toit.
Quand on veut, on peut faire d’une vieille maison, une belle maison. Regarde à Maastricht, il fait propre, on ne jette rien à terre, …et c’est typique.
Ici le service du nettoyage fait superficiellement.
Je vais passer pour un râleur mais…
C’est comme maintenant, ils se plaignent de l’état du théâtre, ils n’ont jamais fait de demande pour le refaire. Dans les subsides, on sait qu’il faut s’y prendre longtemps  à l’avance. Ce qui veut dire qu’ils s’en rendent compte seulement maintenant qu’ils en ont besoin, des subsides, ils vont rentrer la demande seulement maintenant, donc dans dix ans on va leur dire oui, ou non.
On dit que ca va coûter cher, mais si dès qu’il y a une entrée d’eau, on répare de suite, …
C’est quand on laisse traîner que ça  revient cher.
Le cinéma était ici,  à peu près. Il commençait ou il y a un urinoir,…
Voilà le manège, quand on entre par là, en dessous, c’étaint des anciennes écuries, les riches de Verviers avaient des chevaux , et quand les automobiles sont arrivées, ils n’en ont plus eu besoin puis ce qui était le manège est devenu un cirque. Alors pendant des années, il y a eu un cirque en 1887 , il y a eu le feu dans le cirque, puis ce fut aménagé en bureaux pour les lainiers
On a fait cela dans un style mauresque parce que c’étaient des chevaux arabes, d’ailleurs à l’intérieur, il y a des pavés avec des écritures arabes, mais elles ont été remises à l’envers parce que les travailleurs ne parlaient probablement pas arabe (rires) , donc l’architecte s’est inspiré de l’architecture maure… hein … c’était l’architecture arabe.
C’est pour ça que la forme des fenêtres, ça doit coûter beaucoup plus cher, … ça appartient  à une société de Liege qui a racheté des batiments pour presque rien. Ce qui restait du cirque , c’était un toit en hexagone. C’est le même architecte qui a fait le théatre.
Le premier théâtre était là où il y a la pyramide. C’était plus petit. Ben tu vois, un premier entretien, c’est d’enlever les herbes quand elles poussent.

Vous veniez ?
Avant, il y avait beaucoup plus de théâtre. Je viens de moins en moins, avant c’était des opérettes et ils jouaient durant une saison, un peu marrant. C’était fort apprécié par les verviétois, dans les années cinquante, trente, même dix, le théâtre à bien tourné. Durant le vingtième…
Depuis les années fin soixante, baisse des fréquentations, due à la tv, c’était surtout les anciens qui y allaient, les jeunes trouvaent ça viellot. Je pense que ce genre va disparaître.
On peut aller à Hodimont ?
Ici c’est une statue des années 30 , c’était un musicien verviétois, il est mort bêtement jeune, en mangeant une crème glacée. Il avait vingt cinq ans.
Cette rue a été faite au début du siècle. Le parc ( de l’Harmonie) allait jusque là. C’était un parc qui appartenait à une socité qui organisait des concerts, là , le kiosque, et à l’intérieur. Ce n’était pas pour le peuple. C’était pour les privilégiés. Si tu claques des doigts dedans , ça raisonne. Il y avait un petit château, qui appartenait  à une famille importante.
Ici c’était un hôtel, l’hôtel du chemin de fer. C’était l’hôtel ou toutes les personnalités s’arrêtaient. Sarah Bernard, par exemple qui était quand même une actrice importante du début du siècle et fin 19 puis quand il y a eu la route, on a construit tout autour. Ici c’était une banque, quand l’hôtel a fermé. Avant, il y avait toutes sortes de petites banques.
Avant, les trains arrivaient là, presque toute la rue Peltzer de Clermont, c’étaient des petits hôtels. Ca  veut dire que ca servait surtout pour les représentants en laine. Beacoup de gens venaient acheter et vendre de la laine. C’était une ville très riche. Déjà pour construire des bâtiments comme ça, il fallait avoir de l’argent.
Il y a eu l’architecte THIRION qui a fait un théâtre comme celui-ci au Costa Rica d’après ce qu’on dit  , VIVROUX, LEJARRE qui a fait le Coliseum, le Forum ,…
Quand j’ai fait l’histoire des automobiles, j’ai cherché les constructeurs, j’avais trouvé un , qui était rue du Viaduc, derrière le colruyt.
J’ai cherché dans les journaux d l’époque … et j’ai trouvé un vieux journal sur une brocante, et il est mort en 1914 alors que c’est noté 1920 dans beaucoup d’ouvrages.
Ce qu’on appelait l’autre rive, c’est là ou il y a une boulangerie turque qui a brulé, là, ça correspondait à l’entrée.
Le pont ici n’existait pas au 19 ème , il y avait de grosses pierres. (St Antoine)
Le canal se jetait ici, il traversait tout Verviers.
Le passage de la Vesdre n’était pas si simple, on ne s’imagine pas, mais il y a bien un mètre de profondeur.
Les Verviétois disaient souvent « Au-delà de l’eau » quand ils parlaient de Hodimont. Ils le disaient en wallon « o dla d l owe ».
L’église, c’est une madame Detraux qui a donné son argent à l’église, elle n’avait pas d’enfant …
Ici à Hodimont, c’étaient surtout des protestants, Verviers était plus catholique et … cette rue Spintay était déjà commerçante, il y avait des commerçants à tous les rez-d-chaussée, il y avait des marchands de beurre, de lait, poissons, bouchers, il y avait tout. C’est chaque fois les années septante qui font que tout se modifie.
Ils faisaient des fêtes, chaque année au mois de juin,  à cette heure –ci il y avait du monde, là c’est vide. Verviers se vide fort, je trouve. On voit de moins en moins de gens dans la rue.
J’ai des souvenirs dans la rue de Fabriques, j’ai vécu là jusque quatre ans. C’étaient surtout des Italiens dans cette rue, puis des espagnols , des grecs, mes grands parents sont arrivés au début du siècle, en mille neuf cent et des … c’est leurs parents. Je crois que mes arrières grands parents sont arrivés en 1890, quelque chose comme ça. Ce sont mes grands parents maternels. Parce que mon nom, c’ets pas tellement Italien. Donc à ce moment, ils vivaient un peu ce que vous vivez , ils n’étaient pas appréciés. Ma mère me disait toujours, quand elle allait  à l’école, on ne l’appelait jamais par son prénom, c’était sale « macaroni »… parce que soi disant parce qu’ils prenaient le travail des belges.
Voilà, ici c’est classé, ça a brûlé, on ne refait pas, on attend bien sûr qu’elle tombe. De nouveau.
Avant, le Centre culturel de Verviers était ici. On faisait des soirées, avec des chanteurs, du théâtre… c’étaient des anciens bâtiments religieux, il y avait des sœurs. ..
Tu vois, c’est encore des petites cours… il y en avait plein. Ici, là …
Ma maison c’est en face de la rue de la Limite. Rue des Fabriques. Ici ils font un rond point. (travaux, musique Oum Khaltoum au travers de la porte entrouverte d’un café)
Ici, il y avait une rue, des maisons, et quand il y a eu des photos des projets ici, on a dit qu’on a llait faire un superbe quartier, et ce n’est pas si beau , finalement.

Donc la commune de Hodimont s’arrêtait au-dessus, il y avait un train qui passait, qui a été rebouché.
Au bout de la rue de la Chapelle il y avait un superbe château, on l’a recouvert dans le but de faire un viaduc. On a fait beaucoup de manifestations ici.
J’étais dans les groupes pour manifester contre.
Il y avait encore des petites cours, …

Ici ça s’appelle de rue du Commerce parce que c’étaient des commerces de prostitution. Donc tous les petits cafés, c’était la prostitution fin du dix neuvième, ça marchait bien aussi sur Verviers, la rue du Marteau ou il y a des cafés maintenant.
C’est terrible le nombre de cours qu’il y avait , souvent la cour prenait le nom d’un habitant.
Fisher c’était une entreprise  d’un gars qui avait des charettes pour transporter des charettes, au départ, c’était le couvent des Récollets. D’ailleurs il y a eu des fouilles. On a trouvé beaucoup, on a dégagé des squelettes.
Enregistrement arrêté.
Nous passons rue de Dison, la rue commerçante du quartier de Hodimont. Nous nous dirigeons vers la rue des Fabriques, la rue d’enfance de monsieur B. Il y est né et y a habité jusqu’à cinq ans.
Après son déménagement vers Andrimont, il revenait y voir sa grand-mère. Parce que, comme il me l’a indiqué, « on faisait un peu comme vous autres, plusieurs membres d’une même famille occupaient le même quartier, aujourd’hui ce sont des familles turques, des frères , des parents sont voisins… »

Nous passons devant « Chez Selatine », un commerçant d’origine turque que j’ai fréquenté moi – même petite, car j’ai habité cette même rue des Fabriques. Il le salue de loin. Je lui demande comment il connait Selatine, il m’indique qu’il aimait  venir chercher ses fruits et ses légumes chez lui et qu’il venait régulièrement avec sa femme...  que juste avant, c’était un marchand de cercueils à côté.
Dans le prolongement de la rue, il y a le bâtiment des contributions, qui était une usine à chapeaux et que l’on y fabriquait même des FES, ces petits chapeaux que l’on trouve au maroc .
Nous arrivons rue des Fabriques, M B de précise que le nom de cette rue n’est pas dûe au hasard, bien entendu. Il me montre les pierres qu’il reste des anciennes usines, et précise qu’une très grande partie de la rue était occupée par ces usines.
Plus haut, l’insigne « glacière Chambeau » m’est expliquée. On y fabriquait des blocs rectangulaires destinés à être placés dans les frigos anciens.
M B me montre la maison de sa grand-mère, la cour dans laquelle il jouait , petit. « Il y avait une dame qui hurlait lorsqu’on jouait un peu trop près de chez elle dans la cour. On ne pouvait pas dépasser cette ligne. »
Il me montre sa maison. À cet instant, je ne prends pas de photo, car plusieurs dames sont accoudées aux fenêtres et nous sourient. Il fait très calme.
M B m’indique la maison en face, où vivait la sœur de son grand père, ou un autre membre de sa famille…
Il me montre un coin, dans lequel un vendeur de charbon se situait et me raconte l’anecdote du jour où le cheval du commerçant fuit dans la rue en pente, et où il le vit courir à toute vitesse en criant après lui.
Des façades aujourd’hui ternes et qui ne paient pas de mine étaient tantôt un marchand de pain d’épices, tantôt une glacerie, tantôt une « friture » car m’a-t-il précisé, le « Verviétois aimait la frite. »

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